
Léa Augereau


Utilisant l’aplat autant que le dégradé, la douceur des toiles de l’artiste nous tend à voir plus loin que le sujet comme simple être, mais également comme une entité complexe. Les toiles vibrantes de couleurs et de reflets nous mènent vers un chemin onirique où l’artiste ne nous place pas que comme simple spectateur mais nous immerge réellement dans son monde.
Ses inspirations viennent régulièrement de la poésie. C’est la raison pour laquelle elle possède généralement le nom de sa toile avant de la peindre. Elle visualise ensuite la peinture qu’elle souhaite créer. Sa technique de peinture à l’huile permet de donner une réelle dimension à ses oeuvres.
Ces personnages privés de traits distinctifs, d’identité, de genre, d’expression et dont le regard est toujours absent sont suspendus dans ce vide bleu. L’identité devient floue, éphémère, presque inexistante. Par moment, des mains surgissent comme une caresse, voilant doucement le visage, puis se multipliant, enserrant le corps dans une étreinte collective, un écrasement. Les personnages se trouvent confrontés à une intervention dont l’origine et le but demeurent flous, et qu’ils acceptent presque passivement, le transformant en objet de convoitise, d’emprise ou d’étreinte collective.
Entre Kafka et Huxley, il s’agit ici de capturer la tension entre abandon et lutte, entre l’individu et des forces extérieures, à la fois intangibles et envahissantes.


